Deuil périnatal, mon expérience, ma douleur…

*Vous trouverez plus bas dans l’article l’expérience vécu par mon mari – parce que les hommes aussi souffrent..*

Bonjour,

dans cet article, j’aimerais vous parler d’un sujet assez tabou.

En fait, en 2010, j’ai vécu une des épreuves les plus terribles de ma vie. Le fait de perdre un enfant. Un enfant à naître oui, mais un enfant tout de même. Avant de vivre cette douloureuse expérience, je croyais qu’une fausse couche était dû à un problème majeur de santé ou bien un manque de prudence de la part de la maman portant l’enfant. Sans vouloir juger personne, c’était la perception que j’avais, erronée soit, mais je croyais à cela *Totalement par manque d’information*.

Lorsque j’ai fait ma fausse couche, je me suis sentis tellement coupable. Cette culpabilité si forte, si incommodante, si dérangeante et troublante. Je n’ai jamais été coupable de quoi que ce soit. Mais malgré le fait que je le savais au plus profond de moi, j’ai toujours gardé cette culpabilité jusqu’à très récemment. Jusqu’à ce que je soit rendue à cette étape du deuil en fait. Car c’est un deuil comme un autre.

Après avoir vécu la fausse couche, j’ai appris que ça arrivait à une femme sur cinq et que c’était donc courant. Mais pourquoi n’en parle-t-on pas? Pourquoi est-on si mal à l’aise d’en discuter.

Toute cette douleur qu’on ressent, tout ce vide, tout ce ressentiment, cette tristesse, cette culpabilité, ce sentiment de solitude bref.. de fin du monde. Pourquoi n’en parlons-nous pas?

Ce dur obstacle a été très difficile à surmonter, autant de mon côté, que du côté de mon mari qui ne savait absolument pas quoi faire pour que je me sente mieux.

J’ai eu de la chance… j’ai eu la chance d’avoir un premier enfant avant de faire cette fausse couche. Alors je savais que je pouvais avoir des enfants. Néanmoins, je détestais mon corps, je détestais le fait qu’il ait voulu rejeté ce bébé, je me sentais comme si c’était moi qui l’avais abandonné. J’ai eu tord, j’ai eu tord de me mettre autant de pression, de me ‘taper dessus’, de me rendre coupable de quelque chose dont j’étais en fait, la victime! C’est déjà assez difficile comme ça, pourquoi est-ce que nous sommes si dur envers nous-mêmes?

Pour toutes ces raisons… pour que ça cesse d’être tabou. Pour qu’on en parle ouvertement, pour que vous sachiez que vous n’êtes pas seules, que vous n’êtes pas folles, que toutes ces émotions qui viennent et qui partent, signifient quelque chose. Parce qu’à cause de toute cette douleur, c’est la preuve que vous êtes déjà maman jusque dans l’âme. Parce que vous aimiez ce bébé avant même qu’il soit au monde, parce qu’il est aussi important que tous les bébés, et tous les humains sur terre, parce qu’il mérite un hommage et souhaite vous voir heureuse à nouveau de là-haut. Parce qu’il n’y a que vous qui puissiez vous pardonner (même si vous n’y êtes pour rien). Parce que vous devez passer par toutes les étapes d’un deuil. Et parce qu’une des étapes les plus importantes pour se sortir de cette douleur, c’est d’en parler..

Je vous suggère d’écouter ces trois vidéos qui parle de mon expérience et de mon cheminement après 4 ans:

Première partie Deuil périnatal – Mon expérience, ma douleur…

Deuxième partie Deuil périnatal – Mon expérience, ma douleur…

Cheminement de mon deuil périnatal (après 4 ans) 

Je vous laisse également des liens vers des groupes d’entraide pour le deuil périnatal.

Cliquez ici pour: le Québec

Cliquez ici pour:  la France

Et je vous souhaite à tous bonne chance dans votre cheminement. Parce qu’il ne peut pas pleuvoir à tous les jours, parce que le beau temps fini toujours par revenir. Et parce que le plus important c’est  de garder ESPOIR!

 

Mon expérience de père~mari~gars suite à l’avortement (comme ils l’appellent à l’hôpital)

Pour en faire une histoire concise,  la mort de Maxim m’a paralysé…

Combien de fois lui avais-je dit : « Ne t’inquiètes pas, ça se peut des petits saignements »  ou alors la phrase de gars qui essaie de rassurer sa blonde : – À l’époque nous n’étions pas mariés – «  Ne t’en fais pas, on va voir à l’écho, même si tu ne le sens pas bouger, il (masculin, considérant que je désigne un bébé au sexe indéfini) n’est peut-être pas encore assez gros pour que tu le sentes bouger. »  Au fond de moi, peut-être est-ce que j’essayais un peu trop de me convaincre qu’il peut être normal qu’un bébé de 12 à 15 semaines ne donne aucun signe de vie…

À la visite de suivi usuel, l’annonce du spécialiste nous disant qu’il n’entend pas le coeur foetal, lui qui normalement le trouvais si rapidement avec notre première fille, a eu l’effet d’un glissement de terrain.  Ma douce était trop anxieuse pour avoir remarqué la lividité nouvelle de mon teint, sinon cela n’aurait qu’accélérer son désarroi.

La première écho d’urgence faite en maternité, cet écran monochrome,  supposé être témoin de visages souriants n’a pas rempli son mandat cette fois-là.  La résidente qui, s’efforçant d’être d’un calme et d’une empathie exceptionnelle, nous annonce que, non, bébé ne bouge plus.

Paralysie, quand tu nous tiens.  Le choc est plus dévastateur qu’on ne le croit.  Je consolais ma Belle en me disant : « Tiens le coup, n’en rajoutes pas en pleurant aussi. »  Mais rien n’y fit, après quelques minutes : le déluge.  Mon corps bougeait mais, mon flux émotionnel, mes pensées, elles, étaient immobiles, encrées dans cet écran maintenant d’un noir abyssal.  Éteint.

L’attente.  L’impuissance du « mâle », dans ce qui est un processus propre à la femme.  C’est le pire je crois, l’impuissance.  L’attente à n’en plus finir dans une pièce remplie de personne au bedons ronds, projections d’un futur pas si lointain maintenant irréalisable pour notre bébé, n’en faisait que plus mal.   Mais il le fallait, la première écho d’urgence ne devait être qu’une vérification, il fallait le confirmer avec un radiologue, en échographie « officielle ».

L’attente.  L’impuissance du « mâle » dans l’urgence et dans la salle d’attente du bloc, probablement aussi froide qu’un iceberg (vive les hopitaux, ce n’est pas comme si je n’en avais pas l’habitude, seulement, d’habitude c’est moi l’empathique.)  La sortie, le corps et l’esprit vide de ma conjointe, le silence, le rien du tout.

L’impuissance.  C’est le mot pour résumer mon expérience.  Mais la vie doit reprendre son cours et la planète tourne encore.  Il faut se relever et jour après jour, la routine revient, on fait autre chose, on essaie d’oublier, de transformer, de se rappeler qu’on n’est pas seuls et que ça fait malheureusement aussi partie du cycle de la vie.

Malgré tout ça, on allume une chandelle à chaque année Maxim et on pense à toi, souvent, tout le temps. On t’aime!

Femme de militaire et maman de 5 enfants. Elle partage passionnément avec vous depuis 2012 via sa chaîne Youtube, Instagram, Facebook, Tik-tok et ce blogue sa vie de famille, ses astuces, ses recettes, des idées décos, etc. Retrouvez-la également sur Etsy (et bientôt sur sa boutique ici)

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